Cannes – Samal Esljamova, la surprise venue du Kazakhstan

Cannes – Samal Esljamova, la surprise venue du Kazakhstan

Inconnue du grand public, voire du monde du cinéma, Samal Esljamova s’est définitivement fait un nom samedi au Festival de Cannes en décrochant le prix d’interprétation féminine pour sa performance choc dans « Ayka » de Sergueï Dvortsevoï. Pendant tout le film, la caméra du réalisateur installé en Russie ne quitte jamais ou presque Ayka, 25 ans, poussée aux dernières extrémités pour survivre, dans un Moscou noyé sous la neige, dans un portrait aux confins du sordide. Violée, elle abandonne son enfant dès les premières images du film, à l’hôpital. Et nous ne la quittons plus pendant 1h40, jusqu’à la scène finale et ses larmes de soulagement, quand elle décide de ne pas obéir et de rompre le destin qui semble lui être promis. Née en Asie centrale, à Petropavlovsk, au Kazakhstan, il y a 33 ans, alors que le pays était encore une République soviétique, elle a étudié au GITIS, la fameuse école d’art dramatique de Moscou, de 2007 à 2011. Alors qu’elle est encore étudiante, à 19 ans, elle tourne dans la première fiction de Sergueï Dvortsevoï, « Tulpan », récompensé par le prix Un Certain Regard à Cannes en 2008. « Avec Ayka, Samal Esljamova fait quelque chose d’inouï, a salué le site russe Meduza. Il n’y a jamais eu un tel degré d’authenticité, de douleur contenue et d’énergie dans le cinéma russe depuis longtemps, peut-être jamais ». Via de longs plans séquences, la caméra de Dvortsevoï ne quitte jamais Ayka, dans ce squat où elle est hébergée par un marchand de sommeil, dans ce hangar où elle file aussitôt pour aller plumer et vider des poulets, dans une banlieue sombre de Moscou, ou quand elle soulage ses seins douloureux en les vidant de leur lait. Chaînon invisible d’un sous-prolétariat réduit à un état de quasi-esclavage, la femme de 25 ans, menacée par les prêteurs qui lui ont avancé de quoi acheter une machine à coudre, quand elle rêvait encore d’avoir son propre atelier, enchaîne les petits boulots mal payés. Quand elle est payée. « Je voulais raconter l’histoire d’une femme et de son enfant », a expliqué le réalisateur pendant la conférence de presse officielle du film, « et elle l’a portée de façon incroyable. 80% du scénario s’est en fait écrit au jour le jour, avec Samal. En fait, après les 20 premières minutes du tournage, le personnage, Ayka, a commencé à vivre sa vie. Elle était vivante, et ni moi ni le chef opérateur ne pouvions plus la contrôler ». « Au début je ne savais même pas si ils allaient la tuer ou pas! Ce qui était très important c’était de savoir si son organisme allait survivre, si elle allait survivre à cet accouchement », a poursuivi le réalisateur, qui a eu l’idée de ce film en lisant une statistique de 2010, et ces 248 bébés abandonnés par des mères venues du Kirghizstan. Cet article Cannes – Samal Esljamova, la surprise venue du Kazakhstan est apparu en premier sur Journal du Cameroun.

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